Évelyne Pieiller | Penser est un sport de combat

Les amis du Monde Diplomatique Versailles

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Entreprendre de penser à gauche relève désormais du sport de combat. Lutter contre l’impuissance mélancolique à laquelle invite la situation actuelle, refuser la nostalgie qui condamne à l’inaction, c’est commencer à reconquérir en les fondant à nouveau les valeurs d’une gauche débarrassée de la peur de l’archaïsme, et menant à son tour la bataille des idées ».

On pourra aussi réfléchir au message de Vaclav Havel qui écrivait en 1978 : « (…)Toute la logique du système, écrivait-il, est d’intégrer l’individu dans la structure du pouvoir, non pour qu’il y réalise sa propre identité, mais pour qu’il y renonce au profit supérieure du système. (…) ».

« Manière de voir » n° 137 - Penser est un sport de combat

« Manière de voir » n° 137 – Penser est un sport de combat

Dans ce texte, paru en français en Avril 1994 dans « Essais politiques » Ed. Calmann-Lévy : « Le pouvoir des sans pouvoir », il décrit les résistances civiles à l’œuvre dans les révolutions pacifiques, l’effet d’entraînement qui peut naître d’une multitude d’actes, petits et grands, d’insoumission individuelle. Vaclav Havel illustre cela en prenant l’exemple d’un marchand de légumes qui choisissait de placer au-dessus de son étal une affiche avec le slogan communiste : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ».

Aujourd’hui, il n’est pas facile de réfléchir à gauche contre un pouvoir qui se présente comme « de gauche ». Comme un rouleau compresseur, laveur de cerveaux « disponibles », on entend sans cesse la litanie selon laquelle les gouvernements européens ne seraient plus en mesure de faire des choix politiques mais devraient appliquer des règles techniques pour répondre à des impératifs financiers entraînant des économies toujours plus drastiques sur la santé, les retraites, l’éducation et l’emploi. Alors que ces interventions sont présentées en référence à des critères financiers dictés par les banques, les assurances, les fonds d’investissement et autres multinationales, il s’agit bel et bien d’un programme politique et d’un choix de société. (Lire à ce propos Slavoj Zizek « L’indigence de la gauche européenne » dans ce Manière de voir).

Évelyne Leveque

  1. Conférence – 1/5
  2. Conférence – 2/5
  3. Conférence – 3/5
  4. Conférence – 4/5
  5. Conférence – 5/5


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